Manabeshima : île de 1,49 km² située dans la Mer Intérieure de Seto, 312 habitants en 2005… mais comment nous retrouvons-nous sur cette île ?

Tout a commencé avec une BD… Manabeshima de Florent Chavouet (lien vers son blog). Ce dernier a résidé à Tokyo en 2009 et a décidé de venir croquer le quotidien d’une île en y vivant pendant 2 mois. Romain avait beaucoup aimé cette BD (au passage, on vous la recommande) et voulait absolument y aller pour la voir « en vrai ». A l’époque, un seul ryokan, auberge traditionnelle au Japon, existait sur l’île. Aujourd’hui, il y a aussi une auberge de jeunesse. Dormir dans un ryokan authentique ou une auberge de jeunesse ? On a choisi mais jusqu’à notre arrivée à la réception, nous n’étions pas sûrs de notre coup 🙂
Romain avait réservé via téléphone (pas de booking) quand nous étions à Hué au Vietnam en mélangeant du Japonais et de l’Anglais.Il n’était pas hyper sûr de s’être complètement fait comprendre ni sur les dates ni sur les prix. Mais la conversation s’était semble-t-il terminée par un « Ok ! ».

Vendredi 13 avril, nous comptons donc sur notre chance pour arriver à bon port et avoir un futon pour le soir. Arrivés au port de Manabeshima, nous sommes accueillis par Atsumi, la gérante du Kaitsoten, la maison du port. Elle contrôle nos billets à l’arrivée, elle comprend que nous venons grâce au livre, dont elle est très fière car elle est dedans ! Elle nous indique où est le ryokan, juste 10 minutes par là…ah oui mais c’est en montée ! Avec les sacs, le chemin semble long mais aussi très champêtre !


Nous arrivons en vue du ryokan et là on plonge vraiment dans le décor de la BD (d’après Romain car je ne l’ai pas encore lu à ce moment-là) ! L’ancienne école face à la mer, les palmiers, le ponton et la petite maison en forme d’observatoire où Florent Chavouet a passé son séjour. Tout y est ! Mais en plus d’être identique à la BD, c’est surtout magnifique.



Michiru nous accueille très chaleureusement et nous indique notre chambre. Ouf ! Notre réservation était bonne et heureusement pour nous, elle parle un peu anglais ! Nous redescendons prendre un bain dans le rotenburo, le onsen d’extérieur… mais kesako ? Le onsen est le bain chaud traditionnel au Japon, quand il est à l’extérieur c’est un rotenburo. Notre ryokan possède un bain chaud avec vue sur la mer. Le hic pour nous occidentaux, c’est que les onsen sont des bains publics dans lequel il faut être nu… tout nu ! Ils sont le plus souvent séparés par genre, ce qui est à la fois rassurant et inquiétant. Rassurant car on est entre femmes ou entre hommes, inquiétant car on ne peut pas se soutenir quand on est un couple. Notamment parce que le onsen s’accompagne d’un certain nombre de règles : il faut se laver entièrement avant d’aller dans le bain grâce aux douchettes placées sur les côtés, assis sur des petits tabourets, ne pas laisser de mousse, puis pénétrer dans l’eau avec sa serviette sur la tête. Merci les tutos sur YouTube ! Heureusement pour nous, le premier soir, il n’y a que nous dans le ryokan donc Michiru nous autorise à prendre notre bain ensemble. C’était top, manquait une petite coupe de champagne 😉 bien que ce ne soit pas conseillé car l’eau est très très chaude.


Après de grosse hésitations, nous enfilons ensuite nos Yukata – Kimono d’été – pour aller dîner. C’est un peu bizarre mais plutôt agréable.

Le repas est juste délicieux, très très copieux mais vraiment délicieux. Le poisson est très frais et les plats sont tous succulents !

Le lendemain, nous nous levons aux aurores pour contempler le lever de soleil depuis notre chambre. Au pays du Soleil levant, il faut bien le voir une fois. Puis, rendez-vous à 8h pour le petit déjeuner ! A 8h pétantes, une voix chaleureuse retentit dans notre chambre : « blekufasto is lédy » ! Michiru utilise toujours le système audio de l’école dont les hauts-parleurs sont dans les couloirs et dans les chambres 🙂

Après le petit déjeuner (tout aussi délicieux et plein de poissons), nous partons à la découverte de l’île. 1,49km², ça ne semble pas beaucoup mais en fait ce jour-là nous parcourons 13 km à pied, nous perdant plus ou moins volontairement sur cette île. L’île est appelée historiquement l’île aux fleurs et c’est vrai qu’il y en a partout, y compris dans des jardins paysagers tenus par les habitants.


Notre petite randonnée commence par une grimpette vers le plus haut sommet de l’île, pour le point de vue. Dommage pour nous, ses gardiens ne sont pas d’humeur ce jour. Nous serons vite chassés du Mont Shiro par les bourdons japonais – qui sont énormes !


A la redescente côté ville, un couple nous propose de nous arrêter sur leur terrasse avec vue sur le port pour un petit café (payant mais vraiment pas cher). Le vieux monsieur nous fait la visite de l’île grâce à ses photos, en Japonais svp ! Nous ne comprenons pas grand-chose mais il a l’air passionné par son île.


Nous longeons le côté ville/port de l’île avec ses maisons très typiques et son koban (commissariat) moins typique.



Nous voyons en vrai les gangs de chats croqués par Florent Chavouet, chacun sur leur territoire. On est même escorté par certains 🙂 Nous parvenons à l’école municipale, une des fiertés de l’île car très ancienne et dans un bois noir. Nous poussons la porte, un prof sort de sa salle, nous demandons l’autorisation de la visiter. Pas de problème pour le rez-de-chaussée. C’est vrai qu’elle est jolie et très «old school».





On continue par le temple Bouddhiste et nous allons jusqu’au bout de l’île où un parc aux fleurs est installé sur un joli point de vue.




Nous continuons le tour par la partie la plus sauvage et nous perdons dans les chemins de la forêt qui longe la côte. C’est l’occasion de tomber sur un sanctuaire shinto et sur plusieurs plages abandonnées, coquillages et crustacés… Avec quelques degré de plus et un maillot, ce serait top pour une petite baignade. Nous rentrerons avec suffisamment d’appétit pour le dîner du soir.




Une famille japonaise a débarqué à 10 dans l’hôtel. Petit moment de panique à l’idée d’aller prendre notre bain dans les salles de bains partagées. Là c’est vraiment partagé ! Mais Michiru a bien fait les choses en nous donnant une heure de repas un peu en décalé. Peut-être pour nous…peut-être pour le service… Dans tous les cas, nous prenons notre bain seuls, chacun dans sa salle de bain avec vue sur la mer. Le repas est encore une fois délicieux ! Au milieu du repas, la serveuse s’approche de moi avec un objet à la main : c’est un origami en forme de fleurs fait avec l’étui en papier des baguettes. Elle me fait signe que c’est offert par un des convives. Ils sont trop gentils !
Dimanche 15 avril, nous quittons l’île à regret… c’est un endroit particulier avec des gens très attachant (autant que dans la BD voire plus) et c’est aussi paisible.

En attendant le bateau, on mitraille de photos le gang des chats du port. En route pour Miyajima qui devrait être moins calme !





Super mignonne votre Île de BD. À part les chats, C est super.
Sous la.douchette c est un urinoir ou ??
Bisous
Oui c’est sûr qu’il y a quelque chats !
C’est un petit tabouret sur lequel tu dois t’asseoir pour prendre ta douche, et après tu le laves. Oui on pourrait faire un article sur les salles de bain du monde 😉
Ca donne envie de partir maintenant!!!
C est certain, j achete la BD demain….
Quelle chance, c est vraiment magnifique!
Alors ça y est, tu l’as achetée ? On recommande aussi Tokyo Sanpo qui parle de balades dans Tokyo.
Ce sera pour ta prochaine visite au Japon.
Bisous !
Comment ça « l’île aux fleurs » ? Qu’est-ce que c’est que cette usurpation ?! 🙂
Superbe récit encore. Belle immersion dans la culture japonaise.
En fait, on ne connait pas encore ton île aux fleurs… tu nous invites ?
Merci de nous lire 🙂
Bises
Belle promotion de la BD, j’ai trop envie de la lire ☺
Alors depuis le temps, tu as pu la lire ?
Après avoir lu la BD c’est stupéfiant de le voir en vrai. L’école c’est dingue. Michuru aussi. Et les gangs des chats. Bref, vous étiez sur la bonne île 🙂