Hiroshima : une étape incontournable

Hiroshima, pour nous, c’était une phrase de cours d’Histoire : « Les Américains ont mis fin à la seconde guerre mondiale en larguant deux bombes nucléaires le 6 et le 9 aout 1945 ; l’une sur Hiroshima, l’autre sur Nagasaki ».  C’est pourquoi Hiroshima est devenue une étape incontournable de notre premier séjour au Japon.

A Hiroshima, nous avons réservé notre premier Airbnb au Japon, un petit appartement dans le centre-ville. Nous ne rencontrerons même pas notre logeuse, on s’auto check-in ! Nous arrivons en fin d’après-midi et nous décidons d’aller faire un petit tour pour visiter la ville.

A première vue, Hiroshima ressemble à n’importe quelle autre ville japonaise

Lors de notre première sortie, nous croisons non pas une salle de jeux mais un immeuble de jeux (comme il y en a tant au Japon, mais à ce moment là on ne le sait pas). Romain me dit : « Viens on va se trouver un p’tit jeu pour se détendre après cette journée de voyage ». Après avoir visité les 7 étages (!!!), nous choisissons un jeu de tir à deux en 3D. Nous tuons des zombies et sur les pistolets il y a un capteur cardiaque qui affiche notre rythme à l’écran ! Le mien fait des bonds ! Ba oui, c’est pas de la 3D mais de la 4D !!! Le truc remue quand il y a des explosions ! Bonjour la détente ! 🙂

Roulette Mario, jeux sans manettes, simulation de courses équestres, simulation de foot ou photo booth, il y a du choix !
Simulation de train ? Passionnant non ? En bonus, on vous prête l’uniforme
Notre choix : dégommer des zombies en 4D !

Nous reprenons notre marche après toutes ces émotions pour nous diriger vers quelque-chose de beaucoup plus sérieux : le dôme de la bombe A. C’est un bâtiment préfectoral ayant partiellement résisté à la bombe. Ce bâtiment a été conservé pour le travail de mémoire et est devenu le symbole de l’horreur. Sur le chemin, nous passons devant une plaque indiquant : « Atomic Bomb Hypocentre ». C’est tout simplement l’endroit au dessus duquel le 6 août 1945 à 8h15 du matin, la bombe atomique « Little Boy » est larguée sur Hiroshima. C’est assez incroyable de se dire qu’il y a 73 ans une bombe atomique a explosé 600 mètres au dessus de nos têtes. Cette explosion rase la ville instantanément, et 75 000 personnes sont tuées sur le coup. Il ne reste plus aucune trace des personnes tuées dans les 500 mètres autour du point d’impact, à part peut-être des ombres au sol dues au flash thermique. Dans les semaines et mois qui suivirent, les estimations vont de 140 000 à 250 000 morts. Venir à Hiroshima, entendre les témoignages des survivants des bombardements, c’est incarner un peu ce qu’est un bombardement atomique. Flash, chaleur suffocante, tempête de feu, pluie noire, brûlures, soif extrême… C’est horrible d’entendre ça, d’appréhender un tantième de ce que c’est.  Tout président d’une puissance nucléaire devrait y venir pour se rendre compte de l’horreur de l’utilisation de cette arme.

Un simple panneau au milieu des immeubles pour rappeler l’endroit où la bombe a explosé
Le dôme de nuit
De près, l’édifice parait encore plus effrayant.

Sur le retour, la faim nous prend après cette journée de voyage sans déjeuner. Nous nous arrêtons dans un restaurant avec un barbecue coréen. Une expérience surtout quand on sait qu’on a mangé de la langue de boeuf (et qu’on aime pas ça normalement) ! A savoir : le bœuf d’Hiroshima est délicieux et très renommé au Japon (moins que celui de Kobe bien sûr).

Oh la jolie serviette ! C’est que y’a du gras partout !
Miam !

Le lendemain, nous reprenons notre visite au dôme de la bombe A, à deux pas de chez nous. Nous découvrons alors des détails du dôme que nous n’avions pas vu à la tombée de la nuit. Nous rejoignons la parc du mémorial de la paix en traversant le pont Aioi, cible initiale des bombardiers.

De l’autre côté du pont, le printemps donne une tout autre vision du dôme

Dans le parc, nous pouvons voir des monuments consacrés à la mémoire des vies perdues. Le premier qui nous marque est dédié à Sadako Sasaki, 2 ans au moment de la bombe. Neuf ans plus tard, elle déclara une leucémie. Elle décida de plier 1000 grues en origami car selon une légende japonaise, cela permet de voir son vœu exaucé. Elle pria pour ne pas mourir de sa leucémie mais mourut avant d’avoir terminé. Depuis, ses camarades de classes puis des enfants du monde entier ont entrepris de faire des grues en papier pour la paix. Sur le pied de la statue est écrit :

これはぼくらの叫びです Ceci est notre cri.
これは私たちの祈りです Ceci est notre prière.
世界に平和をきずくための* Pour construire la paix dans le monde

 

Le monument aux enfants
Des œuvres faites de grues en papier pour la paix

Nous passons ensuite devant le monument central du parc : le Cénotaphe de la paix. Il représente un cercueil recouvert d’un toit en forme de U inversé. La perspective donne sur la flamme de la paix et plus loin le dôme de la bombe A. C’est ce monument qu’on voit souvent dans les commémorations. Construit en 1952, il porte l’inscription suivante :

« 安らかに眠って下さい 過ちは 繰返しませぬから » (Yasuraka ni nemutte kudasai, Ayamachi wa kurikaeshimasen kara)*.

Cet épitaphe signifie « Repose en paix, car (je/nous/ils?) ne répète pas l’erreur », écrite par Saiga Tayadoshi, professeur à l’université d’Hiroshima. Pourquoi n’y a-t-il pas de sujet explicite dans cette phrase ? D’abord parce que c’est assez habituel en japonais. Ensuite, parce que l’auteur voulait que chacun puisse se mettre face à ses propres responsabilités.

Cénotaphe de la paix aligné avec le dôme au fond

Nous nous dirigeons ensuite vers les deux musées du parc : d’abord le mémorial consacré aux témoignages des victimes, puis l’autre à l’explication détaillée de ce jour où la bombe a frappé et sur ce qui suivi. Les témoignages sont poignants. Après ces deux visites, on se sent heureux d’être vivants et ne pas avoir connu ça, et tristes pour l’humanité. Malheureusement, il semble que certains présidents aient omis de prendre la mesure de ce qu’est un « dommage collatéral ».

Une animation sur un écran à plat montre le largage de « Little Boy »
Une coupe de la terre à Hiroshima. Pas besoin de faire un dessin pour voir à quel niveau la bombe a explosé. La terre en bas date d’avant 1592, date de la construction du château d’Hiroshima
A gauche : Une bouteille de verre fondue par la chaleur de l’explosion (le verre fond à un minimum de 550°C), A droite une bouteille normale. Les visiteurs sont invités à toucher les objets.
Vêtements des victimes

Nous nous éloignons du parc pour essayer d’avoir une autre vision d’Hiroshima. On découvre une ville hyper moderne, joyeuse mais calme en ce début avril. Ce soir, c’est soirée bento après avoir acheté des plateaux repas au supermarché en bas de chez nous. Dîner économique et reposant après cette journée de visite.

L’avenue de la paix

Bento time !

Demain, nous reprenons de nouveau le Shinkansen pour nous rendre à Kyoto.

*les passages en japonais ont été repris sur Wikipedia.

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