Tiwanacu, un des temples du Soleil

Samedi 4 août, après quelques rebondissements, nous voilà en route pour Tiwanacu, la capitale de la civilisation du même nom.

Tiwanacu, au milieu de nulle part, mais pourquoi y aller ?

Le terminal de bus de l’Alto près de La Paz d’où nous sommes partis

C’est une fois assis dans notre collectivo (mini-bus) qu’on se demande comment on va l’arrêter au milieu de nulle part. Le collectivo que nous avons pris ne marque pas d’arrêt « normal » à Tiwanacu mais il continue jusqu’à une ville plus loin. D’habitude on s’arrête aux terminus. Là, il faut qu’on demande l’arrêt, en espagnol, depuis l’arrière du bus 🙂 . On engage la conversation avec la famille derrière nous pour leur demander comment on doit faire. Ils sont étonnés, mais ravis, qu’on veuille s’arrêter à Tiwanacu. A l’approche de notre destination, ils nous sauvent la mise en interpellant à notre place le chauffeur depuis le fond du minibus. Gracias ! Bon sauf qu’on sait toujours pas exactement le mot qu’il faut dire… On s’arrête sur la route principale, il nous reste 2 km à parcourir. On a à peine le temps de payer les 15 bolivianos (1,85€) pour la quarantaine de km, et nous sommes alpagués par un taxi. Les allers-retours avec nos sacs à La Paz m’ont fatiguée… je craque. Le taxi nous dépose pour 10 bolivianos  (1,25 €) devant l’hôtel que nous avions repéré. Rapport Km/prix le taxi gagne ! Nous avions demandé par email s’il était possible de loger dans cet hôtel mais nous n’avons jamais reçu de réponse. A notre arrivée, mon nom est bien enregistré dans les réservations. Ouf ! Et en même temps, il n’y a vraiment pas foule ! L’hôtel est assez curieux, dans un mélange tradi-moderne. Mais pour deux nuits, cela ira.

L’ancienne gare de Tiwanacu semble bien déserte.

Alors maintenant, la grande question ! Pourquoi sommes-nous à Tiwanacu ? La civilisation Tiwanacu est une civilisation pré-inca ayant brillé entre -500 avant JC et le 11-12ème siècle. Certaines hypothèses, discutées, farfelues (?), font remonter le site de Tiwanacu à 10000 ans avant JC. Ces hypothèses reposent sur l’observation des axes des solstices. Les bâtiments auraient été alignés avec les solstices, or cet alignement remonterait à 10000 ans avant JC.

Il y a des excursions à la journée depuis La Paz mais ça nous semblait tellement plus intéressant d’y passer tranquillement deux jours.

Notre hôtel est à deux pas du site principal, il est 16h40, et il ferme à 17h. Nous nous dirigeons vers le musée, pour prendre des infos pour le lendemain. Les gardiens nous proposent de visiter mais il ne reste que 20 minutes avant la fermeture. « Ah bah non en fait, on verra demain, on va pas vite pour les visites nous vous savez ? » Nous allons boire un verre à la Cabana del Puma, le restaurant en face.

Petit restaurant sympa, mais pas grand monde non plus

Nous sommes gentiment accueillis par la gérante, et en voyant les plats des autres clients, nous regrettons un moment d’avoir réservé le diner à l’hôtel pour le soir. Tant pis ! Nous rencontrons dans ce restaurant un couple de Suisses qui font le tour des 5 continents en van, un an par continent. Ils viennent d’Amérique du Nord et descendent jusqu’au Brésil pour prendre un bateau pour l’Afrique du Sud. Leur voyage est intéressant mais 5 ans c’est long quand même ! Alors que nous discutons, la pluie s’abat sur la ville. On rentre quand ça se calme un peu pour aller diner. Nous sommes seuls dans la salle à manger, on a l’impression de diner chez des grands parents avec la vaisselle de famille. La propriétaire et ses deux salariées regardent les infos dans la salle à manger, avec leur bichon, Chico. Ce soir-là, nous nous couchons dans une chambre glaciale… oui pas de chauffage et une pluie torrentielle à 3800 mètres d’altitude, ça fait vite frisquet !

Les aventuriers du temple pas si perdu et pas maudit du tout

La vue sur la pyramide au petit déj’

Le lendemain, on se lève tôt pour le petit-déjeuner, et parce qu’on veut visiter les sites. La table du petit-déjeuner est au soleil dans la salle à manger du dernier étage, avec une vue sur le site archéologique… de jour, l’endroit est beaucoup plus agréable. On se fait avoir par la discussion et le wifi… et on sort à 11 heures pour visiter…Avec les groupes venant de La Paz, c’est pas mal aussi 🙂  On rentre sur le site principal de la Cité du Soleil, et là surprise, la rénovation du site a été financée en partie par Thalès ! Avis aux responsables du mécénat chez Thalès : Chef de projet expérimenté recherche poste à compter de janvier 2019 🙂

Regardez en bas du panneau explicatif

On commence la visite par le temple de Kalasaya. Nous pouvons contempler deux statues qu’on dit assez proches du style Moai de l’île de Pâques. C’est très beau à voir. On peut aussi voir la Porte du Soleil, parfaitement aligné avec le Soleil au soltice d’hiver, qui a lieu autour du 21 juin ici. Pourquoi aligner cette Porte avec le solstice ? Parce que cela servait de calendrier pour savoir quand l’hiver était là et permettre de faire les fêtes de fin de travaux des champs. Une sorte de « School’s out for summer » version pré-inca !

La Porte, comme le site, regorge de détails super intéressants, avec des dessins qui ont traversé le temps. Le temple souterrain est également captivant : on descend quelques marches pour parvenir au coeur du temple. C’est dans ce temple qu’a été trouvé le Monolithe de Bennet, qui est au musée dorénavant. Le temple est légèrement incliné pour permettre l’évacuation de l’eau de pluie, et est parfaitement aligné avec le temple de Kalasaya.

Puis nous allons voir des vestiges un peu plus loin ; ils ne sont pas très protégés de ce côté là, les gens peuvent marcher dessus et c’est dommage parce qu’on y voit quelques dessins faits sur les pierres, dont certains ressemblent aux hameçons que nous avons vus à l’île de Pâques.

On termine par la pyramide d’Akapana, qu’on peut gravir de ce côté. Elle a été grandement endommagée par les chercheurs d’or espagnols mais des restaurations sont en cours. On finit notre visite de ce site par la Porte de la Lune, aussi très bien ouvragée. C’est beau et cela mériterait d’être plus connu.


En sortant du site, on visite les deux musées de la ville, consacrée l’un aux statues trouvées sur les sites dont le Monolithe de Bennett dont je parlais qui fait quand même un petit 7m30 de haut pour 1,20m de large. L’autre musée regroupe principalement les céramiques trouvées sur le site. C’est petit mais plutôt intéressant.

Dernière visite de la journée à la Porte du Puma, le dernier site de la ville. Je suis un peu moins réceptive à la beauté de l’endroit, peut-être la fatigue. On rentre tranquillement en décidant de visiter la ville.

Le cœur de village est mignon et apparemment il y a eu la fête aujourd’hui. Pourtant la fête nationale c’est demain…

Nous nous y attardons un moment puis nous repassons par la Cabana del Puma pour manger un bout. Excellent steaks d’Alpaga au menu, on se laisse tenter. Et c’est bon.

Le lendemain, on reprend un collectivo pour La Paz. On la fait à la Bolivienne, on en hèle un au passage, il va à La Paz et il reste de la place. Bingo, on monte.

De retour à La Paz

Pour s’arrêter cette fois, pas de problème, on va au terminus ! C’est le jour de la fête nationale et nous avons décidé d’aller voir comment cela se fête dans une des capitales…Manque de chance, le gouvernement fait la fête à Potosi. A La Paz, la ville est déserte, on entend au loin des fanfares mais on ne les verra pas. Petite soirée tranquille autour d’une pizza puis départ le lendemain pour Copacabana.

3 réflexions sur “Tiwanacu, un des temples du Soleil”

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