Mawlamyne ou Moulmein : la ville des Bouddhas couchés

Nous arrivons à Mawlamyne le 19 février à 4 heures du matin, après 8 heures de bus. Nous sommes accueillis (assaillis?) par une foule de taxis. Heureusement, le motel que nous avons réservé est proche de la gare routière, ça nous évite de nous lancer dans une négociation de si bonne heure. Nous nous y rendons à pied sans trop savoir si nous aurons notre chambre. Cela dépend des hôtels, nous avons eu de la chance au Lac Inle…. et bien là aussi, nous aurons le droit au « early check-in ». C’est cool !

Le plus grand Bouddha couché du monde !

Après le petit-déjeuner, nous prenons un scooter pour aller voir LE monument du coin : le plus grand Bouddha couché du monde ! Selon les sources, il fait entre 180 et 200 mètres de long. Nous n’avions pas notre mètre, nous n’avons pas pu mesurer mais c’est impressionnant ! Sa construction a débuté en 1994 sur l’initiative du moine Bhaddanta Kesara et ce n’est toujours pas fini. La construction est en effet soumise aux aléas de la collecte de dons et à la présence de volontaires pour construire. Sur la route menant au temple, nous sommes accueillis par une file de sculptures de moine d’environ 4 mètres de haut, il y en a des centaines, ça donne le ton de notre visite !

Une partie de la rangée de statue menant au Bouddha allongé

A notre descente de scooter, une petite famille vient vers nous pour nous demander s’ils peuvent nous prendre en photos. On accepte et en fait la petite famille devait faire au moins 15 personnes car nous enchainons les photos avec tout ce petit monde. C’est flatteur et ils rient quand nous les remercions.

Les enfants sont plus timides que les parents 🙂
ça c’est du Bouddha !!! à gauche le « fini » et à droite celui « en construction »

On lève les yeux vers le Bouddha, il est énorme ! On peut entrer dans la sculpture donc nous voilà partis pour une belle visite dans les entrailles du Bouddha. En regardant l’œuvre en construction, on est à la fois ébahis par ce que peuvent faire des bénévoles et en même temps un peu déroutés par les choix des constructeurs. Il y a des demi-étages, des escaliers qui ne mènent nulle part, des parties déjà en ruine mais aussi de belles sculptures représentant la vie de Bouddha, et des sculptures inquiétantes représentant les affres attendant les pécheurs. C’est ubuesque comme endroit ! Alors que celui-ci est loin d’être terminé, ils commencent déjà à en construire un deuxième encore plus grand à côté.

Il y a du monde qui bosse un peut partout pour réparer, faire de nouveaux escaliers…

Nous participons à la construction en offrant deux carreaux de carrelage pour la robe du Bouddha. C’est un peu notre droit d’entrée ! La visite en elle-même est sympa mais pas toujours rassurante. Et il y a des endroits où on n’ose pas trop poser le pied à cause des trous dans le béton.

Les pièces se succèdent avec des scènes de la vie de Bouddha ou d’autres histoires autour de la religion
L’enfer version bouddhique fait vraiment peur
Des sculptures en cours de création
Alors là, on est au bout je crois… Où va cet escalier…
Lieu de donation :devant Bouddha on dépose le morceau de carrelage que nous avons acheté pour continuer cette œuvre

A la sortie, nous remarquons de l’agitation autour d’un bâtiment non mentionné dans le guide. En fait, c’est le mausolée de Bhaddanta Kesara, mort en 2015. Il n’aura pas vu la fin de l’œuvre de sa vie.

 

Bhaddanta Kesara, le moine qui avait décidé de faire construire le plus grand Bouddha couché du monde

Après cette visite, nous faisons une halte dans un petit restau pour nos habituels « Fried Rice » et « Fried Vermicelli », pas cher et nourrissant. Les enfants font les pitres pour attirer notre attention et être pris en photo. Nous nous prêtons au jeu. Après cette petite pause, nous décidons de revenir en ville par une route un peu moins passante mais très jolie, qui serpente dans les collines.

Les pitres 🙂
La route de montagne et le superbe point de vue sur la région

Quand on arrive en ville

De retour en ville, nous décidons d’aller voir le coucher du soleil depuis la colline des pagodes. Mawlamyne est le nouveau nom de la ville de Moulmein, ancienne capitale de la Birmanie britannique de 1827 à 1852. Si vous voulez qu’on vous comprenne, il vaut mieux essayer de prononcer l’ancien nom. Le nouveau revient à dire la même chose pour un français que Moulmein. Cette ville est un port de la mer d’Andaman et le point d’entrée vers l’Asie via la rivière Salouen. Elle est flanquée d’une colline et cela augmente son attrait. Pour la petite histoire, Georges Orwell y fut policier et Rudyard Kipling y tomba amoureux d’une Birmane :

« By the old Moulmein pagoda
Lookin’ lazy at the sea
There’s a Burma girl a-settin’
and I know she thinks o’ me. »

Voilà le décor est planté pour appréhender la beauté de la vue depuis la colline des pagodes. Nous commençons un peu par hasard par la pagode U Zina. Là, un homme nous aborde, nous comprendrons ensuite qu’il s’agit d’un gardien de la pagode. Il nous montre une carte postale puis un foulard puis le stupa… un moment d’incompréhension puis on regarde avec plus d’attention. Il nous fait comprendre qu’il y a une illusion d’optique sur le stupa. Si on le regarde à travers le foulard ou via l’appareil photo, on voit le visage du Bouddha. Et c’est vrai ! Photo à l’appui ci-dessous : nous avons vu Bouddha… enfin juste sa tête. Nous visitons ensuite l’ensemble du temple et c’est depuis ce promontoire que nous verrons notre premier coucher de soleil sur Mawlamyne.

En route pour l’île de l’Ogre

Le mardi, nous décidons de nous rendre sur l’île de l’Ogre en face. A priori pas d’ogre, par contre, il y a une inconnue. Tous les guides et blogs etc mentionnent qu’il faut passer par un bac, avec des prix à négocier avec les bateliers. Or, nous avons repéré un pont au sud de la ville qui semble y aller. Nous tentons notre chance, bonne pioche c’est bien un pont tout neuf qui nous attend.

Scooter ready
Et c’est parti !!!!

Nous nous promenons à scooter une bonne partie de la journée sur l’île. Arrivés dans le village « touristique », nous sommes surpris de ne pas être assaillis par les guides… nous aurions aimé en rencontrer au moins un pour visiter les ateliers d’élastique mais malgré une visite assez longue du village, nous n’avons pas trouvé. Écrasés par la chaleur (oui désolés !), nous décidons de faire une pause coca dans un bar du village. La pause est bienvenue et nous permet de repartir à l’assaut de la colline pour visiter la pagode du village. Car oui, la pagode est située en haut d’une butte et par 35°c la montée est dure, d’autant que le scooter abandonne… et qu’il faut finir à pied ! La pagode Shwe Taung Oo est très belle et il y a même un petit Rocher d’Or, c’est à dire un rocher posé à flanc de colline et retenu par un cheveu du Bouddha. Le vrai Rocher d’Or est un monument mythique du Myanmar que nous avons choisi de ne pas visiter car trop compliqué logistiquement. Quelle belle surprise d’en trouver un par hasard sur l’île de l’Ogre !

Oh un mini rocher d’or !
Gong original : un ancien obus recyclé

Nous choisissons de retourner en ville pour voir le coucher du Soleil depuis les quais. En route, nous percevons de l’agitation sur le côté. C’est un tournoi du sport local, le Chinlon. Nous nous arrêtons pour assister en toute discrétion au tournoi. Raté ! Nous avons le droit à un accueil à la birmane : les gens nous font passer tout devant, nous installe sur les deux seules chaises du public. Un membre de l’organisation vient me saluer en me félicitant 🙂 Nous assistons à quelques parties, c’est impressionnant comme jeu. Cela combine foot et volley : deux équipes de 5 joueurs se passent le ballon en faisant des figures. Nous voyons enfin la version tournoi de ce jeu que nous avons vu dans la rue. La version traditionnelle est une ronde de 5 joueurs qui se passent une balle en bambou et repose sur la collaboration entre les joueurs pour effectuer des belles figures. A un moment, un membre du public vient nous parler, il serre la main de Romain, je lui tends la mienne, il la serre en disant quelque-chose à l’assemblée… ah oui c’est vrai les femmes ne serrent pas trop les mains ici. Mais tout cela se passe dans une ambiance très bon enfant, les gens ont l’air ravis qu’on s’intéresse à leur jeu. Nous nous éclipsons discrètement après quelques parties et repartons sur les quais. Nous croiserons des Birmans en train de faire voler des cerfs-volants. Bref, si vous passez à Mawlamyne, n’hésitez pas à descendre au sud des quais de la Salouen, on y voit un bout de vie birmane.

Service du fond du terrain
Les réceptions et les contres avec la tête ou les pieds : faut être souple !

Dernier jour : visite des pagodes de la colline

Mercredi, nous prenons la route de la colline pour finir de visiter les pagodes de la ville.

Bouddha en bambou, très joli et original !
Lazy cat : ils ont la belle vie dans les pagodes ! Nourris, logés, blanchis !

Nous en visitons une puis deux puis nous passons à côté de vendeuses de rue de noix de coco. Eh bien, le patron (ou un client on ne sait toujours pas), nous voyant regarder l’étalage, nous noie de coco ! Il nous installe sur des chaises pour que nous goutions le jus de coco puis nous donne des noix découpées. Nous offrons de payer, il refuse. Il est ravi de nous faire découvrir cette boisson locale. Alors personnellement, je n’étais pas spécialement fan car les noix sont exposées en plein soleil et le jus est donc assez tiède-chaud. En plus, je pense en avoir fait une petite overdose car le patron-client n’arrêtait pas de nous en donner d’autres mais bon comment refuser ? Nous repartons avec des sacs plastiques remplis de noix de coco ou de jus. Reste à digérer toute cette belle générosité  🙂

On regarde, on prend une photo
Et voilà le résultat !

Nous finissons nos visites de pagodes au soleil couchant. Demain nous reprenons le bus mais pour aller à Hpa-An à 60 km de là. Le trajet devrait être court même si c’est imprévisible puisque nous prenons le bus local.

Dernière visite et Bouddha qui nous dit au revoir (interprétation très personnelle :))

14 réflexions sur “Mawlamyne ou Moulmein : la ville des Bouddhas couchés”

  1. Ça a l’air chouette ce pays ! Que de beaux souvenirs en perspective….
    Profitez pleinement de chaque instant, c’est du réel! Des bises

    1. Aller du courage !
      Faut bien qu’il y en ait qui tiennent la baraque non ?
      Et c’est vrai qu’on est pas franchement malheureux…
      😉

      A+

  2. Je dois être tellement bigleuse que je ne vois pas l’illusion d’optique sur le stupa. On est sensés le voir où le visage du Bouddha ?
    Bises les routards !

    1. Coucou, bon c’est vrai, on le voit pas beaucoup ! Avec un peu de foi, on peut l’apercevoir dans la photo la plus sombre, en haut, sous l’espèce d’auréole.
      Gros bisous la compagnie !

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