Dien Bien Phu, première étape au Vietnam.

Mardi 20 mars, nous quittons le Laos pour rejoindre Dien Bien Phu au Vietnam.

Le bus est un mini-bus avec peu de places assises et beaucoup de places pour les marchandises. Nous y rencontrons Léo, Paul et Emma. Léo est franco-australien et en plus de l’anglais, du français, il connait quelques phrases en vietnamien. Malheureusement, nous n’aurons pas l’occasion de discuter beaucoup avec lui. Il pensait pouvoir naviguer entre Vietnam et Laos et éviter de demander un visa vietnamien. C’est vrai que les français ont 14 jours dans le pays sans visa mais en revanche, ils doivent rester un mois en dehors du pays entre chaque période… Ce n’est pas le cas de Léo et il devra faire demi-tour à la frontière… Nous avons mal au cœur pour lui mais malheureusement, nous ne pouvons rien faire. Arrivés à Dien Bien Phu en début d’après-midi, Paul nous propose de prendre un verre le soir. Avec plaisir !

Après avoir déposé nos bagages à la guesthouse, nous partons à la recherche d’un repas… nous rentrons dans un COM PHO (COM pour prendre son repas, PHO pour indiquer ce qu’ils servent). Signe de la qualité de son Pho, le restaurant est plein de vietnamiens. Qu’est ce qu’un Pho ? C’est une soupe de nouilles vietnamienne. Nous adorons déjà les Pho à Paris et à St Petersbourg au début de notre voyage alors nous attendions avec impatience de goûter à ceux du pays d’origine de cette soupe. Nous entrons dans la salle du restaurant après avoir commandé… Romain est tout de suite invité à boire un verre avec trois hommes très égayés par l’alcool. Ils boivent quelques verres d’alcool de riz et font des signes pour lui faire comprendre qu’ils en commandent une autre…Me voyant seule, un des hommes me commande un coca. Apparemment, les femmes ne boivent pas trop d’alcool ici #macho? Ils sont ravis que Romain boive un verre avec eux. ‘Your husband is handsome !’ me disent-ils 😉 Romain les quitte malgré tout pour venir manger avec moi. Nous pensons tous les deux que nous allons payer la bouteille d’alcool de riz qu’ils ont commandée. Mais non ! Un des hommes sort son portefeuille et nous fait des signes pour nous faire comprendre qu’il paye pour nous… Voilà comment Romain nous a fait offrir le repas. Quel accueil ! Nous voyons qu’ils vont prendre leur café en face, donc après notre repas, nous les rejoignons pour leur payer un verre en retour… une chose est sûre, on ne manque pas de boissons : un thé, un café à la vietnamienne (avec du lait concentré), une bière (une 33 export locale). A chaque gorgée, on doit trinquer, un des hommes, très éméché, nous prend les mains en nous remerciant sans arrêt. Petite séance de selfies et ils s’en vont… en payant ! On a refusé de les suivre au Karaoké ensuite… Bref, première rencontre très accueillante à Dien Bien Phu !

Nos potes de Pho… et de Vodka vietnamienne 🙂

Nous nous dirigeons ensuite vers le musée de la Victoire. Ne cherchez pas, pour nous les Français, Dien Bien Phu c’est une défaite cuisante en mai 1954.

Le musée inaugurée en 2014

Pendant la guerre d’Indochine, les généraux français avaient décidé de faire de Dien Bien Phu une victoire emblématique. Ils sont allés s’installer dans cette cuvette pour obliger les Vietminh à venir se battre. Ils ont sous-estimé la détermination des Vietnamiens qui ont tracé des routes dans jungle, transportés des canons en pièces détachées, notamment sur des vélos Peugeot et qui ont préparé minutieusement leur attaque. En mars 1954, le général Giap déclenche l’offensive.

Ho Chi Minh et Giap préparant l’attaque de Dien Bien Phu
Le vélo Peugeot servant à transporter les charges lourdes
Les « ethnies » vietnamiennes (Hmong,Thai,…) embauchées pour participer à l’effort de guerre
Et l’artillerie vietminh installée en haut des collines qui encercle Dien Bien

Les Français sont surpris par les canons et par leur force. Ils tiendront la place pendant 54 jours avant de capituler le 7 mai 1954. Seuls les 3000 soldats blessés au front et le général de Castries reviendront en France. Les autres soldats sont faits prisonniers et déportés à 700 km de là, ils mourront de faim et de maladie.

Description de l’organisation française
Des flyers de propagande. Écrit en Allemand et en Arabe aussi, car une grande partie des forces françaises appartenait à la Légion Étrangère

C’est donc avec une certaine émotion que nous visitons le musée et la ville où il reste de nombreux vestiges de cette bataille. Le  musée vaut la visite, même si c’est bien de connaitre le déroulé de la bataille avant. Nous rencontrons dans le musée des vietnamiens qui veulent poser avec nous (tiens un air de Birmanie !) et un vieux Vietnamien qui nous dit que tout ça c’est de l’histoire ancienne… c’est assez émouvant. Après le musée, nous découvrons un cimetière militaire vietnamien ainsi que la colline Éliane, la dernière butte à avoir céder.

On grimpe sur la colline Éliane
Vestiges de char français
Bunker bien conservé et visitable
Des mariés qui posent au milieu des fleurs. En même temps, tous les parcs à DBP sont des vestiges de guerre…

Il est temps de rentrer pour aller boire un verre avec Paul et Emma. Soirée très sympa et une belle rencontre ! Bon pour la nourriture, seul Romain était ravi. La pizza commandée était en fait un pain de type Naan avec de la purée d’haricot vert sucré. Paul et Emma se rendent à Sapa dès le lendemain, nous devrions les suivre mais nous avons encore une journée à Dien Bien Phu.

Le lendemain, nous commençons par acheter nos billets de bus pour Sapa puis direction le bunker du général de Castries, le monument aux morts français édifié par un soldat français sur ses deniers personnels puis nous sommes montés en haut de la colline de la Victoire où une imposante statue très typée URSS rappelle, comme son nom l’indique, la victoire des Vietnamiens.

L’extérieur du bunker de commandement français
Plusieurs salles à l’intérieur : ici le plan d’attaque
Là, le décompte des blessés, disparus, morts…
Des fleurs et des plaques déposées par les régiments militaires français en visite décorent ce monument
La colline de la Victoire
et son monument

Le soir, direction un restaurant vu dans le guide. Il parait qu’il faut faire confiance aux serveurs car la carte n’est pas traduite. On lui a juste demandé des Nems et du poulet (après avoir tenté tous les noms de viande en anglais, c’est celui qu’il a compris :-D)… et on a eu du tofu, du riz, du poulet, ainsi qu’un bouillon d’épinards… Nous n’avons pas tout compris mais ça se mangeait !

En rentrant, Romain a envie d’aller à Hanoï directement, je regarde les photos d’Instagram de Sapa… de la pluie, des nuages… non on a pas envie de cela. On regarde par la fenêtre, la gare routière est fermée. La nuit porte conseil, nous verrons demain matin…

14 réflexions sur “Dien Bien Phu, première étape au Vietnam.”

  1. Après l’alcool pas cher, l’alcool gratuit. 😀

    Votre visite du musée, du bunker… etc. Je l’aurais tout simplement adoré. Ça devait être bougrement intéressant.

  2. Bonjour tous les deux !
    Là, je suis épatée que vous ayez mis Dien Bien Phu au programme !!! Bon, c’était quand même une occasion de voir un monument en l’honneur d’une défaite …J’espère que vous avez bu aussi à la victoire des Vietnamiens, c’était l’occasion ou jamais (de boire, je veux dire …).
    J’ai reçu une carte du Japon pleine de « zénitude » : merci tout plein !!! j’ai hâte d’arriver au Japon mais je suis scrupuleusement les étapes : j’ai peut-être d’autres surprises au Vietnam …
    Affectueuses bises de tantemichèle.

    1. Coucou tante Michèle, on te l’avoue c’est un peu par opportunisme qu’on s’est retrouvé à Dien Bien Phu, mais ça valait le coup ! Pour le Japon, il va falloir attendre un peu, vu que nous sommes méga à la bourre sur nos récits.
      On t’embrasse très fort !

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