Pour notre troisième étape au Chili, nous avons choisi une ville plus petite, et qui ouvre sur la vallée de l’Elqui, paradis des étoiles et de la poésie.
Nous arrivons un soir à la Serena. Notre hostal est à deux pas du terminal de bus et nous sommes accueillis très chaleureusement par notre hôte, Marcelo. La Serena, c’est une ville plus petite que nos premières étapes et en bord de mer. Le premier jour, on décide d’aller se promener au hasard et on découvre une pépite : le jardin japonais de la Serena. Mais si, vous le connaissez, c’est le jardin de notre jeu. On se promène tranquillement dans le jardin.

Ensuite, on rejoint le centre-ville et la Plaza de Armas. C’est agréable et je me sens plus en sécurité ici qu’à Santiago et Valparaiso. C’est bête car il ne s’est jamais rien passé dans ces deux villes. Mais voilà, à trop lire le Routard ou les blogs, j’en suis devenue un peu parano. La Serena ne me fait pas du tout cet effet. Il y fait beau, les gens sont occupés à leurs affaires et nous visitons tranquillement.


Plaza des armas, un lieu de détente 
La cathédrale de La Serena 

Nous louons une voiture pour les jours suivants. Nous souhaitons ainsi rejoindre Punta de Choros pour aller voir des Pingouins de Humbolt. Alors, pour vous expliquer (et vous spoiler un peu la Nouvelle-Zélande), nous sommes un peu chat noir avec les pingouins. On a beau faire des km, à chaque fois ils ne sont pas là. Eh oui, les pingouins ont des horaires… et les horaires et nous… Bref, nous partons tout de même le samedi matin le cœur vaillant car cette fois cette colonie est réputée pour avoir de nombreux pingouins. La route est essentiellement de l’autoroute, la fameuse panaméricaine, puis nous bifurquons sur une départementale qui devient vite une piste…Sur la route, on voit des Guanaco (des Lamas sauvages pour faire simple) et des Zorros Chilla (des renards gris argentés).

Chevrolet, une voiture qu’elle est bien pour la conduire 
On traverse un vrai désert 
Méfiant le zorro 
Certains sont moins farouches 
Lorsqu’on arrive à l’embarcadère, le nombre de bateaux à terre ne nous dit rien qui vaille… Il fait beau et chaud mais l’océan est assez houleux. Apparemment trop ! La navigation n’est pas possible aujourd’hui vers l’île où sont les pingouins. On est quitte pour une balade sur le bord de l’océan et un déjeuner les pieds dans le sable. En se baladant, on aperçoit des oiseaux énormes ! On se dit que ce sont des condors mais c’est étrange vu que c’est une espèce menacée… on est ébahis d’en voir autant ! En fait, ce sont des Urubus à tête rouge. Faudra potasser les oiseaux…




Sur le bord de mer, nous trouvons un drôle de compagnon 
« Lance le bâton ! » 
« Aller !!! Lance ! »
Le soir, nous allons diner dans un restaurant recommandé par notre hôte, le Jack Fish. Marcelo nous a dit qu’il fallait aimer le rock et le poisson pour aller là-bas. On pénètre dans une toute petite cevicheria. Le gérant, un métalleux, nous invite à nous asseoir en nous demandant d’où nous venons. La musique d’ambiance est signée Motorhead. Les plats sont nommés d’après les grands groupes de Rock : Nirvana, Black Sabbath, Santana… Ils ont tous l’air délicieux et originaux. On opte pour Faith no more et Panthera. Il nous sert en nous disant « ça pète sa mère ! » en français 🙂 Parce que oui, il aime que ses clients lui laissent une façon de dire que c’est bon qui soit un peu irrévérencieuse. Il nous apprend aussi en chilien comment dire que sa cuisine est bonne : « Mas rica que la chucha ! » (Je vous laisse chercher la traduction ;)). Pendant que nous mangeons ce qui est un des meilleurs plats que nous avons eu au Chili, un couple entre, s’installe puis ressort. Le gérant nous explique : ‘Ils viennent à cause de Trip Advisor mais n’aiment pas la musique. Une fois, on m’a demandé du Laura Pausini ! F..k ! Non, non soit on aime le rock, soit on part ! ». Après cet excellent repas, on discute un peu concerts et groupes de rock avec Jack (nb son nom a été inventé car nous ne l’avons pas demandé). Il nous donne quelques groupes à écouter puis on lui laisse Noir Désir en échange, période Tostaki.


Chez Jack, on aime le rock ! 
…et la super bouffe !
Le lendemain, nous quittons notre hostal pour rejoindre la vallée de l’Elqui. On a choisi d’aller passer deux jours à Vicuña pour avoir le temps de visiter un peu la vallée et voir les étoiles. Car, la vallée de l’Elqui a la chance d’avoir 300 nuits claires par an. De nombreux observatoires y sont installés. Sur la route, nous prenons deux autostoppeurs, Claudio et un de ses potes. Nous essayons d’avoir une conversation tant bien que mal avec eux, notre espagnol est hésitant mais on s’en sort pas trop mal et Claudio est super sympa 🙂 Il nous invite le soir même à boire un verre chez lui, allez pourquoi pas !


Notre première tentative pour aller voir les étoiles dans un observatoire privé se solde par un échec. Nous sommes dimanche et beaucoup sont fermés. Notre hôte nous recommande d’essayer celui de la ville. Il ajoute que cette nuit est une nuit excellente pour voir les étoiles mais qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Allez, on va à l’observatoire municipal de Mamalluca, c’est décidé ! Avant notre soirée des étoiles, nous rejoignons Claudio chez lui. Il nous ouvre la porte de sa maison et nous fait visiter l’immense jardin de son oncle et de sa tante. Il y a des avocatiers et des arbres fruitiers partout. Je me retrouve à la cueillette d’avocats ! On passe ensuite un très bon moment à boire des bières dans le jardin. On doit malheureusement écourter l’apéritif pour nous rendre à l’observatoire. Alors que nous attendons de suivre le mini-bus en ville, nous rencontrons Nacim. Il nous demande en français si nous allons jusqu’à l’observatoire et si ça nous dérange de l’emmener. Pas du tout, on a une voiture, autant en profiter ! La soirée découverte des étoiles est géniale ! Dans l’hémisphère sud, la voie lactée est magnifique et dans les endroits où il y a peu de lumière, c’est un enchantement. Notre guide nous explique plein de choses et nous repartons ravis par cette soirée.


Lundi 9 juillet, nous partons en direction de la vallée de l’Elqui avec Nacim, notre nouveau compagnon de voyage. On visite la pisceria Dona josefa, où Carolina nous explique comment est fait le Pisco, puis un autre vignoble, où nous visitons les différentes salles dédiés à la fabrication du vin. Nous nous arrêtons en route chez Juan Primero le fruitier car Nacim veut visiter un champs fruticole et voir comment on ramasse les fruits des cactus. En attendant le cultivateur, nous prenons un jus de pomme et un jus de cactus. Juan arrive et nous explique que tous les fruits ont déjà été récoltés mais il passe un moment à nous parler des fruit du coin et des productions au Chili qui selon lui utilisent beaucoup trop de produits chimiques. A contrario, lui a choisi d’avoir une plus petite production et de vendre directement ses jus de fruits au bord de la route. ça lui rapporte assez pour vivre. Il est passionné par la culture des fruits. Pour le cactus, il doit aller le chercher en montagne. On finit notre visite par une dernière pisceria, Aba, un peu plus grande que la première. Une belle journée dans la vallée.

Ruche et vigne dans la première pisceria 
Alambic et feu de bois pour le Pisco artisanal Dona Josefa 
Fût français pour le Pisco vieux 
Et le produit fini 
Belle découverte que ce vignoble Cavas del Valle recommandé par Claudio 

Petite pause frugale 
Jus de cactus au soleil 
Production plus importante pour le Aba 
Le Pisco Aba
Retour à Vicuña, nous déposons Nacim au terminal de bus puis nous proposons à Claudio de nous rejoindre dans un bar de la ville. Nous passons la soirée à pratiquer notre espagnol avec notre nouvel ami. Avant de quitter la ville le lendemain, nous visitons le musée Gabriela Mistral. Car la poétesse est née dans la vallée de l’Elqui. C’est un véritable mythe au Chili car c’est la première Prix Nobel du Chili (en littérature) et elle a aussi beaucoup œuvré en politique. Belle dernière visite mais l’heure du match France-Belgique approche et nous n’avons plus le temps de rejoindre La Serena avant le début. Tant pis on trouve une Cerveceria (un bar), on s’installe et on fait signe à Claudio qu’on regarde le match ! Victoire des bleus ! Les quelques Français du bar sont ravis et on s’en retourne vers la côte après avoir encore remercié Claudio pour son hospitalité. Au moment de partir, il nous offre encore une spécialité chilienne sorte de pâte de fruit. Trop gentil et trop bon !

Au musée Gabriela Mistral 
Allez les bleus ! 

Les rues de Vicuña
Vu les horaires de bus à La Serena, nous avons décidé de rester une nuit de plus avant de nous en aller vers Copiapo, ville minière à 400 km au nord. On retourne chez Marcelo, et nous faisons la rencontre de Laura et Remi, qui viennent de San Pedro de Atacama. Ils sont sur la fin de leur long voyage en Amérique du Sud et nous passons une soirée à parler voyages à coup de vins et de Pisco. Nous devions organiser un peu la suite du voyage, et bien, nous voilà à réserver un hôtel pour la nuit suivante à 3h du mat’… Tu parles d’une organisation !



Super cet article! Merci!
Et je compatis pour les pingouins… on a eu les mêmes mésaventures !
Merci !! ils sont durs à voir ces p’tits ! On ira voir ceux de Bretagne un jour !
Si on ne peut plus faire confiance aux pingouins alors… Je dis ça, je dis rien, mais la France va gagner la coupe du monde contre la Croatie vous pouvez parier un gros billet. ?
Jamais faire confiance aux pingouins 🙂 On a trouvé un almanach des sports mais il ne parlait que de 1950-2000 😉
Une jolie histoire mas rica que la chucha. 😉
On a l’impression d’être pris en stop avec vous, merci pour ces récits.
merci de nous lire… et de commenter ! une nouvelle expression à notre vocabulaire grâce à Jack Fish !