Et on passe la frontière avec la Bolivie…

On a choisi de passer la frontière avec la Bolivie via une excursion jusqu’au Salar d’Uyuni… Problème : lors de notre séjour à San Pedro de Atacama, la frontière est fermée à cause d’une tempête de neige…

…mais avec la tempête de neige, comment qu’on fait ?

Il a neigé sur les hauteurs

Donc nous sommes le vendredi 20 juillet et San Pedro bruisse de rumeurs sur la frontière fermée. Lorsqu’on va voir Raul, il nous rassure il y a un autre passage via Ollagüe, il faut juste être prêt à partir à 4 heures du mat’ au lieu de 7 heures… Le lendemain, on se prépare donc… je veux prendre une dernière douche chaude avant de partir car il y a beaucoup de commentaires sur les douches froides dans les refuges de cette excursion. Aie, la douche est froide. A 3 heures du mat’, c’est un peu dur !

4 h du mat ! Dur dur ! On attend le bus

Un minibus se gare devant l’hôtel vers 4h45 et on part pour 3 heures de route jusqu’à la frontière chilienne de Ollagüe. Le passage de frontière est très facile côté chilien. Un petit déjeuner est préparé pour nous entre les deux frontières, il fait moins 7°c, le café est bienvenu ! On change aussi de véhicule pour monter dans le 4×4 que nous aurons pendant les 3 prochains jours. Elias, notre chauffeur, est très sympa (et on apprendra qu’il sait aussi très bien cuisiner et qu’il est prudent sur la route). Nous voyagerons aussi avec Priscilla et Vincent, un couple de Français et Amanda et Daniel, un couple de Brésiliens.

A la frontière bolivienne, c’est jour de paye. Alors que ce n’est mentionné ni dans les guides, ni sur les murs, les gardes frontière nous demandent 15 bolivianos par personne (environ 2 €). Vu le nombre de touristes, ça doit faire un petit pécule à la fin de la journée. Le détour par la frontière d’Ollagüe chahute un peu le programme de notre première journée. On commence par le Nord du Lipez, au lieu du sud de cette région que nous voulions visiter. Le premier arrêt nous permet de contempler le Mont Ollagüe, un volcan de 5873 mètres, puis la lagune Canapa, puis la lagune Hedionda… Nous sommes à 4100 mètres d’altitude, on y va mollo… d’ailleurs, on apprend à connaître notre groupe en parlant séries TV à deux pas de la lagune Hedionda ! Il y a des flamants roses sur la lagune, c’est très beau à voir. Apparemment, il fait trop froid en hauteur pour eux et c’est pour ça qu’on en voit autant. Elias nous propose de nous éloigner de cette lagune pour déjeuner car il y a vraiment beaucoup de 4×4. Après avoir traversé un paysage magnifique, il nous arrête à côté d’un village désaffecté… euh, comment dire, on pourrait manger dans un endroit un poil plus joli 🙂 Nous voilà reparti, et il nous arrête près de la lagune Negra. Les rochers sculptés par l’érosion sont juste magnifiques à côté ! Il y a plus de vents et on comprend que son premier arrêt était à l’abri du vent…

Après le déjeuner, Elias nous demande si nous souhaitons voir la lagune Colorada. Le temps est assez gris et il n’est pas sûr qu’on puisse y accéder à cause de la neige mais il nous laisse le choix. Le hic, c’est qu’il faut payer pour voir puisque la lagune se trouve dans un parc national à 150 bolivianos l’entrée (18,6€). En temps normal, on peut voir plein de choses dans le sud lipez mais avec la tempête de neige, il n’y a peut-être que la lagune Colorada ouverte et il y a peu de chance qu’elle soit colorée à cause du temps. On opte pour plus de temps dans le Nord Lipez. On ne le regrettera pas car les paysages sont magnifiques, malgré le froid ! Il nous arrête pour voir un Condor… c’est devant lui qu’on comprend qu’il s’agit d’un condor en pierre 🙂  On peut aussi voir l’Arbol de Piedra, une des sculptures de pied assez connue des environs. J’avoue que vers 17h, j’ai fait le tour d’un ensemble rocheux avec Priscilla puis nous avons attendu dans la voiture…beaucoup trop froid ! Romain et Vincent sont restés prendre des photos.

On croise aussi un habitant du coin

On arrive à l’hôtel en fin d’après-midi, nos chambres ne sont pas si mal que ça et surtout on nous accueille avec une chouette collation. Le maté de Coca est le bienvenu ! Il s’agit d’une infusion avec des feuilles de coca et réputé bonne pour le mal d’altitude. Je décide de tester la douche en premier… Elle est chaude mais située dans un cabanon de tôles peu isolé du froid…La douche est rapide 🙂

La douche rustique !

Au moment où nous commençons le repas, un groupe de jeunes français investit les lieux. Ce sont des ados d’un CE et on entend vite les « P### de ta mère » voler en tout sens… Elle est belle la jeunesse française 😀 Ils sont fatigués, apparemment ils sont allés à la lagune Colorada, et ça valait apparemment pas le coup… Nous ouvrons une petite bouteille de vin pour fêter notre choix du début de la journée… On ne sait pas si c’est l’altitude (4500 mètres tout de même) ou la fatigue ou les deux mais on commence à beaucoup rire à table…Un ado sort de sa chambre et nous demande de baisser le volume ! Nous n’en revenons pas ! Elle est un peu rabat-joie la jeunesse française ! 🙂 Je pars me coucher peu après car j’ai un mal de tête du tonnerre !

Jolies couettes ! au moins on n’a pas eu froid !

La Copa del Mondo est en Bolivie

 

Le dimanche 22 juillet, il y a du soleil ! C’est cool ! On commence par aller voir la Copa del Mundo. On ne le sait pas mais les Boliviens ont toujours gardé la Coupe du Monde, peu importe les gagnants de la compétition. Puis nous continuons à enchainer les paysages magnifiques, alternants roches et lagune.

Nous déjeunons dans un petit comedor près de la lagune Misteriosa. Le déjeuner, préparé par Elias, est excellent, avec notamment un gratin délicieux. Le repas sera copieusement arrosé de coca suite à une maladresse de Romain mais ce n’est pas grave !

La dernière étape, on finit cette journée par le canyon de l’Anaconda. Depuis un mirador, nous avons une belle vue sur le rio serpentant au fond du canyon et qui donne son nom au canyon. Bon j’avoue je n’irai pas jusqu’au bout du mirador. J’ai renoncé quand le chemin s’est rétrécit à un petit passage au dessus du vide.

Avant d’aller à l’hotel, on prend l’apéro dans une petite ville le long d’une vieille voie de chemin de fer. Le choix n’est pas large, c’est bière à la coca ou bière au quinoa mais après une journée de voiture ça passe. Quelques vieux wagon de train abandonnés donnent du charme à cette ville un peu fantôme.

Le soir, nous dormons dans un hôtel de sel. La chambre est coquette, le repas du soir est excellent et ils nous donnent du vin d’emblée 🙂 Daniel commence à plaisanter pour avoir plus de viande : « es possible mas carne por favor? » ça nous fait bien rire et ça devient une phrase que nous répéterons à tous moments… Les débutants en espagnol, comme nous, commencent toujours leur phrase par « es possible… » et la veille de quitter San Pedro, Amanda et Daniel avaient passé une soirée arrosée avec un européen qui n’arrêtait pas de demander à danser sur la table ou faire d’autres conneries en commençant par « es possible…? »  Nous-mêmes utilisons beaucoup le « es possible… » et ça en devient risible.

Et là, on découvre le Salar d’Uyuni !

Lundi 23 juillet, on se lève à 3h30 pour aller voir le lever du soleil sur le Salar d’Uyuni. Au bout de 30 minutes de voiture, nous voilà arrivés sur le plus grand désert de sel du monde. Il fait 11000 km² ! C’est incroyable quand on met le pied à terre. Du sel à perte de vue ! On assiste au lever du soleil, il fait froid mais c’est magnifique.

Puis nous allons sur l’île Incahuasi (La maison de l’inca en Quechua), une île au milieu de ce désert de sel faite de corail. Elle est plantée de cactus géant de plusieurs mètres de haut. C’est étonnant comme décor. On y prend le petit déjeuner avec un gâteau au yaourt fait par Elias la veille au soir…Il est top ce chauffeur-guide-cuisinier !

Puis il nous emmène faire des photos à deux endroits : un endroit où il y a de l’eau, ce qui fait des reflets de dingue sur l’eau ! Et un endroit où il n’y a que du sel, ce qui donne des illusions de perspective intéressantes ! On s’essaye aux photos en perspective mais ce n’est définitivement pas notre truc. Pas assez patients peut-être… Celle avec nos compagnons de route resteront comme de supers souvenirs !

Les essais ratés !

On finit la visite du Salar par le premier hôtel de sel qui lui est situé dans le Salar. C’est devenu un musée depuis. Ce fut une des arrivées du Dakar (ou départ on ne sait pas trop bien). J’y achète un petit bracelet à une voyageuse au long cours. Petite pause dans une ville-marché pour déjeuner.

Nous finissons par visiter le cimetière des trains à Uyuni. Il s’agit de locomotives qui ont participé au transport de minerais au 19 et 20ème siècle. La société britannique qui gérait tout ça a ensuite décidé de les laisser sur place. L’endroit est à la fois beau et triste…

Elias nous dépose ensuite à la gare de bus pour notre départ pour Potosi. C’est la fin d’une excursion incroyable ! On a beaucoup aimé notre groupe, merci les amis ! Mais c’est reparti pour 4 heures de bus pour Potosi !

5 réflexions sur “Et on passe la frontière avec la Bolivie…”

  1. Le désert de sel, les roches sculptées par l’érosion, le lever du soleil, les couettes de l’hôtel, le canyon de l’Anaconda… Tout est MA-GNI-FI-QUE !

    – Un intrus s’est glissé dans cette liste, sauras-tu le trouver ? – 😀

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