Après 4 heures de bus, nous voilà arrivés à Potosi, ville à 4070 mètres d’altitude ! Nous sommes plutôt sales avec nos genoux couverts de sel, on ne peut pas mentir sur notre provenance ! On arrive à l’hôtel dans la soirée et on prie pour qu’ils aient une chambre de libre.
Au repos !

Ouiiii ! Ils ont une chambre pour nous ! Alléluia ! Notre premier hôtel en Bolivie n’a rien à envier aux standards européens. On n’en revient pas. Bon d’accord, on paye un peu cher mais c’est le prix du confort, et puis nous sommes à côté de la gare de bus. Le soir, nous nous aventurons dans les alentours de l’hôtel pour trouver un restaurant. On voit beaucoup de Boliviens devant une Churrasqueria, on a oublié ce que c’est que ce plat, on l’avait pourtant lu dans le Routard. On demande et on comprend que le plat est unique et que c’est un Churrasco… Oui mais encore ? A regarder autour de nous, cela ressemble à un steakhouse. Allons-y on verra bien ce qu’on a dans notre assiette ! Ah mince, il nous faut des bolivianos. On descend la rue et on trouve un distributeur, premier essai et c’est une banque sans commission ! C’est agréable ! Parce que oui, notre banque N26 nous permet de faire des retraits et des paiements à l’étranger sans frais. Mais certaines banques (et beaucoup au Chili) nous prennent une commission de 4US$ par retrait. Alors c’est toujours un dilemme entre prendre beaucoup de cash d’un coup pour rentabiliser le retrait ou prendre peu de cash et se sentir plus en sécurité en ressortant du distributeur… Nous revoilà dans la Churrasqueria !Et bien c’est excellent ! Une entrecôte au barbecue avec papas fritas (frites) et une purée de mais avec du riz ! Un délice !

Entrecôte ! 
Et bière locale pour Romain !
A la fin du repas, je me sens épuisée… on rentre et patatras me voilà au lit avec de la fièvre ! Une bonne grippe comme je n’en avais pas eue depuis longtemps. C’est plutôt pas mal que ça arrive dans un hôtel tout confort, avec salle de bain et eau chaude… Je passe la journée suivante à dormir, Romain nous trouve à manger à emporter le soir, un pollo y papas fritas (poulet-frites) qui me requinque un peu… De Potosi, je n’ai pour l’instant vu que la mine imposante depuis notre fenêtre, le Cerro Rico… Une vraie mine avec des mineurs ! J’ai envie d’en voir plus. Car Potosi, je l’ai étudiée en cours d’histoire.
Souvenirs de cours d’histoire

La ville de Potosi est fondée en 1545 pour exploiter le Cerro Rico (la montagne Riche). Son nom vient du quechua « Tonnerre » car selon la légende, une explosion retentit lorsque les incas commencèrent l’exploitation de l’argent de la montagne. Ainsi pour respecter les volontés de la montagne, ils abandonnèrent le filon, qui sera repris un siècle plus tard par les Espagnols.

Grâce à l’exploitation de l’argent de la mine, l’Espagne connaîtra son siècle d’or car cela rend la Couronne extrêmement riche. C’est d’ailleurs de Potosi que vient l’expression « C’est (pas) le Pérou » en France pour parler de quelque chose qui a une très (ou pas du tout) grande valeur. La ville était alors située dans le Haut-Pérou. En Espagne, Don Quichotte utilise l’expression « Vale un Potosi » (cela vaut un Potosi). Hélas, cette exploitation se fera au prix de milliers de morts dans les mines. Après avoir fait venir des Africains esclaves, les Espagnols les remplacent par des Indiens, plus habitués à l’altitude. La mine du Cerro Rico finit par se tarir de l’argent, et en 1800 on commença l’extraction de l’étain. Aujourd’hui, elle est déclarée épuisée mais des mineurs l’exploitent encore artisanalement. Certains la visitent mais nous n’avons pas voulu y aller : d’abord, parce que je suis un brin claustrophobe et que sous terre dans un environnement connu pour ses tremblements de terre, je suis en panique. Ensuite, parce que je trouvais ce tourisme un peu malsain : cette mine est pour moi le symbole de la folie des conquistadors et aujourd’hui ce sont de pauvres gens qui l’exploitent au péril de leur vie. Alors certes, les visites sont organisées par des agences en partenariat avec des coopératives de mineurs et cela leur apporte un certain revenu… Dilemme… résolu par ma claustrophobie.

Petite visite de la ville
En revanche, nous allons visiter d’autres lieux emblématiques de cette ville. On commence par monter au centre-ville, ça peut paraître anodin comme cela mais à cette altitude, cela se fait ‘tranquillo’. On visite le marché de la ville, avec ses étals de fruits et légumes, mais aussi de viandes et de fromage à chaleur ambiante. Encore dépaysant pour nous Français alors que c’était pareil en Asie.

Le centre-ville est piétonnier par endroit et c’est très agréable. On parvient à la place centrale, bordée de beaux bâtiments coloniaux et par la Cathédrale.


Nous visitons cette dernière qui n’est ouverte que pour des visites groupées : on commence par le clocher avec une très belle vue sur la ville puis lorsqu’on redescend la « guide » a disparu. Le reste du groupe franchit la porte… mais euh nous on est plus lent ! Donc on reste dans la cathédrale à observer les détails. L’orgue est très beau avec la lumière du soleil qui joue à cache-cache sur le petit bordel d’objets mis dans un coin.

La pièce aux ossements nous intrigue, ainsi que les petites portes sur les côtés de la nef. On demande ce que c’est à la guide (qui attend qu’on ait fini dans un coin) et elle nous déplie une porte : c’est un confessionnal escamotable ! On avait jamais vu ça !

Range tes os ! 


Confessionnal escamotable

Direction ensuite la casa de la moneda, la maison de la monnaie. Il s’agit de la deuxième construite dans la ville, faite au moment de l’âge d’or, la première ayant atteint ses limites.

La visite commence par une salle dédiée aux différentes pièces, médailles et monnaies frappées à Potosi, une des neuf maisons de la monnaie du Royaume d’Espagne. Le sigle PTSI était apposée sur chaque pièce frappée ici. Selon notre guide, c’est en superposant les lettres P, T, S et I qu’on obtiendrait le fameux sigle du dollar « $ », Ouaaah ! Bon on a cherché et cela semble partiellement vrai…

Nous découvrons ensuite l’histoire des lieux à travers des reconstitutions des différentes étapes de frappe de monnaie, pour arriver ensuite dans les salles dédiées aux pierres précieuses et semi-précieuses de la région mais aussi de l’Amérique du Sud.



Une salle est consacrée aux peintures de la Vierge : notre premier contact avec le syncrétisme andin. La Vierge Marie est représentée avec une robe en forme de montagne dans la peinture « La Vierge du Cerro » et avec des symboles des croyances andines (soleil et lune notamment). On voit enfin les objets faits en argent pur, y compris un pot de chambre ! La visite est super intéressante ! C’est là qu’on apprend que les billets boliviens modernes sont faits à Rennes (pour certains).

Remarquez à la lune et le soleil ? 

un sacré morceau de Bolivianite 

Symbole du Dollar ? 
Objet en argent
On rentre chez nous, et je suis de nouveau un peu malade. Peut-être trop intense cette journée à 4000 mètres d’altitude. Demain, nous repartons vers Sucre, la capitale constitutionnelle du pays. Le soleil et l’altitude de 2500 mètres devraient me faire du bien ! Bon quand on se présente au terminal de bus, on nous redirige vers les taxis. Cette gare ne fait de liaison qu’avec Uyuni au sud. Bien sûr les taxis nous disent que le terminal pour Sucre est beaucoup trop loin, et qu’on en aura pour autant à prendre leurs services… soit environ 120 à 160 Bolivianos. Heureusement, un gentil monsieur nous indique un colectivo (bus local) que nous pouvons prendre pour aller au terminal (1,5 Bolivianos par personne). Arrivés là bas, on a pas le temps de mettre le pied dans le terminal qu’une vendeuse dans la rue nous propose des billets pour un bus qui part tout de suite…. enfin il est même en train de partir ! On court pour le rattraper dans la rue. Les chauffeurs ont l’habitude de prendre des gens dans la rue autour du terminal. Faut bien remplir les bus en respectant plus ou moins les horaires ! Nous voilà parti pour Sucre pour 20 Bolivianos par personne. Faut pas écouter les chauffeurs de taxi 🙁


Sympa la.cote de Boeuf, moins sympa la grippe et les taxis
On a adoré les churrasceria d’Amérique latine, c’était bon…
La fameuse grippe espagnole ? 🙂
On peut y aller avec des potes aussi ? (j’ai honte, je sors)
heureusement elle n’était pas espagnole sinon je ne serai plus là…
On a vu un Mont Potosi près de Las Vegas, on peut y aller avec des potes aussi 🙂
super…. j’attend la suite
elle arrive très lentement mais elle arrive 🙂
et c’est pour quand la Nouvelle-Zélande, la Polynésie française et l’île de Pâques ?
on s’y mettra a notre retour pour finir, pour l’honneur 🙂
Pas cool la grippe !
Merci pour le petit cours d’histoire. C’est fou tout ce qu’on t’a appris pendant tes études d’histoire en fait ?
oui c’est fou ! à l’époque cela me semblait difficilement utilisable dans la vie de tous les jours … mais ça prépare bien à voyager 🙂
Intéressante visite à Potosi..pour l’origine du $ il y a plusieurs théories, dont plusieurs sont liées a l’Amérique du Sud…
Et oops ! heureusement pour vous ce n’est pas encore l’heure du retour…
Bien sûr on attend la suite de vos aventures mais rien ne presse… Profitez bien de vos voyages…