Saigon : la tumultueuse du sud !

Nous arrivons à Saigon à 5h30 du matin après 17 heures de train. Ce voyage s’est beaucoup mieux passé que je ne l’anticipais !

Départ de la gare de Da-Nang (Hoi-An n’a pas de gare)

En effet, le train est très moderne,  complètement refait à neuf il y a 3 ans. Il est plus propre que le transsibérien. Pas de cafards dans celui-ci ! Nous embarquons à 13h. A 18h, un serveur vient nous proposer à manger. Nous ne comprenons rien. Nous avons l’impression de revivre la scène du serveur russe ! On accepte ce qu’il nous donne et on comprend que c’est inclus dans notre billet. De toute façon, pas de surprise, c’est du riz avec poulet. Nous le complétons avec des nems et des saucisses, achetés ceux-là.

Plus cosy sans cafard
Miam moyen.

Après notre repas, une vieille dame arrive dans notre compartiment. Elle a réservé le lit du haut. Nous essayons de lui faire comprendre que nous pouvons échanger pour qu’elle soit en bas. Pas complètement sûrs qu’elle ait compris mais elle refuse. Quand elle va se coucher, nous voyons qu’elle est très agile. Deux heures plus tard, c’est un jeune homme qui vient compléter notre compartiment. Aucun ne parle anglais, la conversation est limitée. Au petit matin, arrivée à Saigon : tout le monde descend !

Nous utiliserons plutôt Saïgon que Ho Chi Minh City, pourtant le nom officiel de la ville. Nous n’avons pas la raison mais beaucoup de Vietnamiens préfèrent l’appeler Saïgon, le nom historique de la ville. Peut-être un rapport avec le fait que le Nord communiste a fait payer à Saïgon son positionnement très américanophile durant la guerre.

Nous rejoignons notre AirBnB à pied. Cherry, notre hôtesse, nous permet de déposer nos sacs à 6h du matin mais nous ne pourrons rentrer dans notre chambre qu’à 12h car il y a des hôtes. La maison est à 15 min de la gare à pied, le canal au petit matin est encore calme, les gens courent ou font du Tai-Chi.

Le canal : notre point de repère.. un peu comme la Seine 🙂

Après avoir déposé nos sacs, nous nous posons dans un café pour un petit déjeuner. Nous essayons de commander : raté, ils ne servent pas à manger et le café et le thé sont servis glacés. C’est vrai qu’à 7 heures il fait déjà un peu chaud et que c’est pas si mal. Mais on s’est demandé ce qu’elle allait bien pouvoir me servir à voir la serveuse s’affairer comme ça pour un thé : leur thé glacé est préparé avec du sirop et ressemble plus à un cocktail froid.

Café, thé et recharge de portables

Après ce petit déjeuner, nous décidons de nous occuper de deux choses importantes : nos pass de train pour le Japon qui doivent être achetés depuis l’étranger (le fameux Japan Rail Pass dont vous entendrez parler plus tard) et trouver un réparateur pour l’ordi (Surface) qui a connu une chute malencontreuse à Hoi An, l’écran est cassé 🙁

Nous traversons la ville pour nous rendre dans un grand centre commercial d’une marque japonaise qui vend des Japan Rail Pass. Cela semble simple comme ça ! Mais les rues de Saigon sont surprenantes ! Dans l’hypercentre, les rues sont grandes et bordées de trottoirs. On s’y croirait en sécurité mais les deux-roues peuvent s’octroyer le droit d’y circuler ! Et là où nous vivons, bah il n’y a pas de trottoirs ou s’il y en a, ils servent de parking pour deux-roues. La traversée de la ville est donc sympathique mais parfois tumultueuse.

Si on prenait cette petite rue sans trottoir ?
Rue de Saïgon

Lorsque nous arrivons au centre commercial, la jeune femme nous indique que l’imprimante est en panne et qu’il faut revenir en début d’après midi. Nous nous promenons dans le centre commercial puis revenons au bout de 2h30, le temps de trainer dans les magasins, boire un verre, se faire masser par des fauteuil massant en exposition… elle est absolument désolée mais cela ne fonctionne toujours pas. Elle nous donne la carte de visite du siège, nous pouvons nous y rendre mais il faut y aller avant 16h30 car ce sont des bureaux. Arrivés là-bas, tout se passe nickel ! Nous obtenons nos JR Pass en un rien de temps. Cette fois, direction le centre de réparation des Surfaces qui ne se trouve pas à tous les coins de rues. Romain a repéré une adresse à l’autre bout de la ville (donc vers « chez nous »). Après une traversée épique de très grands carrefours (voir l’article qui va suivre sur la traversée des rues… ), nous déposons la Surface et devons revenir 2 heures plus tard. Il est 16h, on passe à la maison de Cherry faire le check-in. Pour 9 euros, nous avons trouvé une chambre avec salle de bain privative. Nous sommes un peu loin du « quartier des routards », le quartier touristique mais notre quartier est tranquille, la chambre confortable et les parents de Cherry sont adorables même si, encore une fois, on ne parle pas vietnamien et donc les discussions sont courtes 🙂 . Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit que Cherry n’est pas là ! Elle est aux USA et loue sa chambre inoccupée. Une fois installés, nous repartons chercher l’ordi et dînons dans le quartier. Puisqu’il nous reste peu de temps au Vietnam, on se décide à s’installer en terrasse d’un resto très local, de ceux qu’on regardait depuis un moment sans oser y aller. On s’installe sur les petites chaises de la terrasse, on commande nos plats : un riz frit (pour changer) pour moi et un Lau poulet pour Romain. Le riz arrive, on se partage le plat et une fois terminé, le Lau arrive… bon le Lau c’est une fondue donc un bouillon et des ingrédients. Dans les ingrédients, il y a des nouilles, des légumes et un poulet entier ! On en a pour 4 personnes au moins… Très bon tout ça mais beaucoup trop ! Autant dire qu’on aura du mal à finir 🙂 Encore une fois, on se fait avoir par le prix qui est raisonnable… Puis retour à la maison… nous aurons fait 25km de marche dans cette journée commencée à l’aube !

Secundo piatto

Le samedi, nous décidons d’aller visiter le musée des Vestiges de la guerre du Vietnam. Notre partenaire de trek à Luang Prabang, Anna, nous en a parlé et nous a fortement conseillé d’y consacrer du temps. Le temps de prendre un sandwich dans la rue en lieu et place du petit déjeuner, et nous voilà arrivés au musée. Il commence à l’extérieur en exposant des chars, des avions, des hélicoptères et des batteries anti-aériennes.

Puis, nous découvrons une reconstitution d’une prison construite par les Français et transformée par les Américains. Découvrir les prisons en vrai et tous les instruments de torture est vraiment dur.

Des cages pouvant contenir plusieurs personnes

Nous rentrons dans le musée, le rez-de-chaussée est consacré aux manifestations pour la paix qui ont eu lieu dans le monde entier. On découvre que des Américains se sont immolés par le feu pour protester contre cette guerre. On apprendra le lendemain qu’un Américain a fait de même ces jours-ci pour la cause environnementale.

Pendant 8 ans, ce Japonnais portera ce message anti guerre du Vietnam

Je repousse le moment de monter à l’étage car le second étage est consacré à l’Agent Orange et aux impacts de la guerre chimique. En bas des escaliers, nous croisons Moritz et Pierre, que nous avions rencontrés à Cat Ba. Le monde est petit ! Nous avions prévu de nous voir pour prendre un verre et nous nous croisons par hasard dans une ville de plus de 8 millions d’habitants. Bon dans un musée, c’est un peu plus normal de croiser des visiteurs étrangers… Ils ont fini la visite et nous confirme que les expositions des étages supérieurs sont dures.

Au deuxième étage, c’est en effet assez horrible : une salle est consacrée aux massacres des civils dans les villages déclarés « free fire zone ». Le plus célèbre d’entre eux est le massacre de My Lai (Son My en Vietnamien) qui a eu lieu en mars 1968. Le nombre de victimes oscillent entre 347 (selon US) et 504 civils (selon le Vietnam). Les photos sont horribles et disent la réalité de la guerre, des massacres de civils… Trois soldats, membres d’un équipage d’hélicoptères, s’élèveront contre ce massacre qui dura toute une journée, avec une pause déjeuner. Ils arriveront à sauver une douzaine de personnes. Ils seront qualifiés de traitres par certains députés américains pour avoir dénoncé officiellement ce massacre. C’est seulement un an plus tard qu’ils recevront une décoration et un an et demi plus tard que ce massacre sera connu du grand public grâce à une fuite dans la presse.

Après ces photos éprouvantes, pas de pause, nous pénétrons dans l’enfer de la guerre chimique… ou comment trois générations plus tard des enfants naissent toujours avec des malformations sévères à cause de l’Agent Orange. Comme dans la pièce précédente, certaines photos sont insoutenables. La fin de la salle est consacrée à des « belles » histoires d’enfants nés handicapés et qui sont devenus peintres, ébénistes avec les pieds, écrivains… La dernière salle de cet étage est composée de dessins d’enfants, certains sont exceptionnels.

Dernier étage, visité trop vite car c’est déjà la fermeture, il est consacré aux reporters de guerre, Américains ou Vietnamiens. Nous aurons passé une grande demie-journée dans ce musée…ce devrait être un passage obligé pour tout président.

Un soldat américain pleurant après une mission

Nous nous rendons ensuite du côté de la Poste et de Notre Dame de Saigon. Comme souvent, nous arrivons après la fermeture de l’église. Les horaires sont assez précis à cause des travaux de rénovation en cours et nous ne pouvons rentrer qu’au début d’un office. Nous et les horaires…

Nous cherchons un endroit où faire une pause. Un rooftop ? Allez, hop on y va, ça va nous remonter le moral. De là haut, petit air de New York avec sa vue sur l’immeuble Times Square et sur un immeuble coloré façon Empire State Building. On s’autorise un petit verre, puis un repas… Belle soirée dans ce restaurant ! Mais il faut rentrer, une heure de marche pour retourner au AirBnb. C’est un peu long mais ça se fait !

Le lendemain, nous longeons le canal près de notre AirBnb pour aller visiter un temple. Nous rentrons dans un temple un peu par hasard et parce qu’il nous plait. Il s’agit en fait d’un des temples recommandés dans le Lonely Planet, le temple de Vinh Nghiem.

Après cette petite visite, nous sommes attirés par une enseigne en français : « Tous les jours ». On pénètre dans une boulangerie, parfait pour un petit déjeuner. On craque un peu !

MIAM !!!

Puis nous retournons dans dans le coin de la Poste, imaginée par Gustave Eiffel. La Poste est ouverte, nous y envoyons nos cartes postales et visitons : autant le grand hall est magnifique autant l’aile ouverte n’est qu’une galerie commerciale sans intérêt pour ce que nous en voyons . Puis, nous allons vers l’église…Nous ratons encore une fois le début de l’office. Nous ne verrons cette église que de l’extérieur.

Dans la Poste, de vielles cabines téléphoniques
Qui n’a pas eu sa carte ?

Nous visitons le quartier puis revenons vers chez nous. Je craque pour un petit coiffeur de quartier, Google m’en dit du bien ! Expérience assez drôle car le salon en lui-même pourrait être en France (avec ses pubs Kerastase et ses mannequins occidentaux) mais le coiffeur jette des coups d’œil réguliers au film qui passe et le bac à shampoing est beaucoup plus confortable qu’en France. On ne tord pas le cou ici ! Ma coupe à 7 euros me convient très bien !

Nouvelle coupe !!!

Retour vers chez nous, sans s’attarder car ce soir il faut refaire les sacs. Nous mangerons chez KFC, à deux pas de chez nous. Pas exceptionnel mais c’est rapide.

Lundi 9 avril, le Vietnam, c’est déjà fini ! Dommage, c’était top !

10 réflexions sur “Saigon : la tumultueuse du sud !”

  1. Commenceriez-vous à en avoir marre du riz frit et du poulet ?! ?
    Heureusement vous êtes repassés à autre chose depuis…!

  2.  » Nous et les horaires… » Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par là… 🙂

    « Qui n’a pas eu sa carte ? » Moi ! 😉

    En tout cas, c’est super de visiter un endroit sous tous ses aspects, à la fois culturel, religieux, historique… culinaire…

    1. C’est quoi ton adresse ? envoi sur Whatsapp 😉

      Le Vietnam se prête bien à ce type de visite complète je trouve.
      Et pour le culinaire les Français sont des Français, toujours gouter les plats des pays qu’on visite 🙂

  3. Super la coupe. Je vais le dire à Lilie pour 7 balles faut arrêter d aller chez Franck provost.
    Le musée à l air prenant et chargé en émotion.

    Bisous les loulous

    J ai pas eu ma carte

    1. Ah ah elle va te dire ok mais faut aller au Vietnam !
      Le musée était très très prenant je te confirme.

      LA biz

      Envoi ton adresse sur whatsapp tu auras une jolie carte 😉

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